THE PASHMINA ROAD, part 2 : le tissage d’un pashmina

VENDREDI

Le lendemain j’ai rendez-vous pour découvrir le tissage d’un pashmina dans l’atelier où sont produits les miens. C’est en fait une vieille demeure de bois, nichée au coeur de la vieille ville. La production des châles ici à Srinagar reste artisanale, familiale et donc quelque peu désorganisée au regard de nos standards occidentaux…

Fidèle aux traditions cachemiri d’hospitalité, la famille, qui ne parle pas anglais, m’offre un kashmiri kawa – leur thé traditionnel – que je déguste assise sur les tapis. Comme toujours au Cachemire seuls les hommes s’assoient avec moi, les femmes restent à la cuisine…

C’est au rez de chaussée qu’on file le duvet, à l’aide d’un rouet traditionnel en bois. Originaire du Ladakh voisin, il est brut et ressemble à de gros flocons blancs ; le fil ainsi obtenu est ensuite monté sur des écheveaux. Ce travail est traditionnellement réalisé par les femmes, ici la maman du tisserand. Puis le fil est assemblé sur le métier à tisser, en bois également, qui occupe toute la surface d’une petite pièce à l’étage. C’est le domaine de Feroz, 40 ans, le tisserand. Il met 4 jours pour réaliser à la main un châle de 2m. Celui-ci, de couleur blanc naturel, sera ensuite lavé et teint.

 

Le duvet de pashmina est un cachemire très fin recolté sur les chèvres pashmina à plus de 4500m d'altitude dans l'Himalaya. Le pashmina ressemble a un nuage de moelleux et de douceur...

 

Le duvet de pashmina 100% cachemire est filé à la main avec un rouet pour obtenir un fil de pur pashmina cachemire

 

Le fil de pashmina cachemire est monté sur des écheveaux pour être tissé

 

Le pashmina 100% cachemire est tissé à la main : c'est un travail ancien et minutieux, le fil de pashmina cachemire est très fin et doit être manipulé délicatement. Les ouvriers du Cachemire tissent le vrai pashmina depuis des siècles

 

Le fil de pashmina pur cachemire doit être tissé avec délicatesse

 

Dans ma main je regarde ce nuage impalpable, le diamant des laines, ce duvet qui protège la petite chèvre pashmina de la rigueur des hivers himalayens. C’est là-bas que tout commence, je prendrai donc la route pour les montagnes du ladakh.

 

Mais en attendant j’ai été invitée à un mariage, et je compte bien m’y rendre !

DIMANCHE

Un mariage cachemiri dure 3 jours, mais pour ma part je n’assisterai qu’à un, en compagnie de mon ami hindou, aussi novice que moi en matière de mariage musulman… Nous passerons toute la journée dans l’immense vieille maison de bois et le jardin où a été dressé un grand chapiteau décoré de tentures brodées cachemiri. Hommes et femmes sont séparés, la mariée ressemble à une princesse, le repas est excellent, même si je n’ai jamais mangé autant de viandes différentes en un seul repas, et je m’amuse de voir qu’on distribue à tous les invités des doggy bags pour ramener les restes à la maison. On m’explique que c’est un petit mariage, 300 personnes seulement… Entre autres merveilles, la mariée a reçu en cadeau 3 pashminas, notamment un kani shawl, dont le motif traditionnel de fleurs entrelacées est directement tissé dans la trame. Sa réalisation prend des mois et le prix est à la hauteur du travail ! Aux alentours de minuit le couple est enfin réuni, et la mariée s’engouffre dans la voiture la tête recouverte d’un pashmina brodé rose. Même pas un bisou, je suis un peu déçue…

 

 

Mais il est temps de quitter Srinagar, la cité moghole ; les montagnes himalayennes m’attendent…

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