Archives de catégorie : Des Histoires

Mais quel est ce parfum qui s’échappe de mon colis ?

Elle est là, vous venez de recevoir votre commande Princesse Moghole. Mais quel est donc ce parfum qui s’échappe du colis ?

Cette fragrance signature est exclusive et a été conçue spécialement pour l’univers de la marque Princesse Moghole.

La formule se veut totalement naturelle, composée d’huiles essentielles sur une base de lavande et de bois de cèdre – sélectionnés pour leurs vertus anti-mites – auxquels viennent s’adjoindre fleurs et épices des jardins moghols.

Fermez les yeux, vous voici transportés dans le jardin de Pari Mahal qui surplombe le Dal Lake à Srinagar…

jardins moghols à srinagar

parfum à base d'huiles essentielles naturelles

sachet parfumé pour l'armoire

Slow fashion : le restaurateur de Pashminas

Si les pashminas sont des trésors qui se transmettent de génération en génération, il semble bien évident qu’ils ne seront pas jetés au moindre accroc. Ils sont alors confiés au restaurateur…

Une petite pièce au premier étage d’une maison de la vieille ville de Srinagar. Patience et doigts de fée sont à l’honneur pour un ouvrage d’une minutie infinie : le temps s’écoule différemment au Kashmir. Un exemple à suivre, à l’heure où l’Occident est obligé de conceptualiser la « slow fashion » pour parer aux excès de la société de consommation… ( Slow fashion et Pashminas feront l’objet d’un prochain article 😉 )

le restaurateur de pashmina à srinagar

C’est un châle richement brodé. Il a demandé plus d’un an de travail et le délicat pashmina écru naturel de la bordure a été déchiré. Les fils de pashm sont alors récupérés et patiemment ré-inserrés dans la trame pour reproduire le motif de l’armure du tissage.

réparer un pashmina en cachemirerepriser un pashmina repriser un pashmina déchiré

Mais ce n’est rien au regard de l’ouvrage qui l’attend : un shahtoosh ancien qui a bien souffert des outrages du temps… 😱

shahtoosh ancien trouévrai shahtoosh ancien très abimé

La broderie : Les petits brodeurs de Bombay

Savez-vous que bien des robes brodées, qui cette semaine fouleront les catwalks de la fashion week parisienne, sont nées à des milliers de kilomètres de là, par morceaux, dans les ateliers de broderie de Bombay… ?

Bombay s’est imposée comme le centre de la broderie en Inde et compte environ 100 000 brodeurs. Ces hommes, de confession musulmane exclusivement – ce savoir-faire ayant été importé de Perse par les grands moghols – quittent familles et région natale du Bengale ou de l’Uttar pradesh pour venir s’entasser dans des ateliers surchauffés où ils travaillent – 14h par jour- , mangent et dorment. Car malgré les merveilles qui naissent sous leurs doigts, le métier de brodeur n’est pas considéré en Inde, et leur statut des plus précaires. Ces hommes déracinés rêvent d’un avenir différent pour leurs enfants, et sont bien loin d’imaginer le but final de leur travail, l’Inde étant noyautée par la culture du « middle man », ces cascades d’intermédiaires et de sous-traitants qui prélèvent des commissions prohibitives. Quel contraste avec les conditions de vie de mes brodeurs à Srinagar, qui travaillent chez eux et exercent un art reconnu par leur culture !

Bombay broderie haute couture

A l’occasion de la fashion week, ARTE présente une série de documentaires sur des savoirs-faire artisanaux d’exception, et dresse notamment le portrait de Maximiliano Modesti, fondateur  des Ateliers 2M à Bombay qui brode pour les plus grands du luxe, et milite passionnément pour la reconnaissance du métier de brodeur en Inde.

« Au fil du monde, l’Inde » / ARTE, samedi 30 octobre à 15h

Ou en ligne :

A lire pour en savoir plus : Les indiens, petites mains du luxe, Le monde.fr

Carnet de voyage #6 DELHI-PARIS, C’est fini !

C’est fini !

Avant le retour, quelques instants de détente dans mon hôtel préféré (au monde !), The Imperial Delhi   en compagnie de la bible du pashmina : Pashmina, The Kashmir Shawl and Beyond, de Janet Rizvi. Disponible en anglais uniquement cet ouvrage de référence est extrêmement complet et actuellement en cours de réédition pour y inclure un chapitre sur le jeune et tout nouveau pashmina ladakhi…

The Imperial, Delhi, un concentré de luxe colonial

Détente au bord de la piscine de l'Imperial Delhi

Pashmina, the kashmir shawl and beyond by janet rizvi

Carnet de voyage #5 LEH, le pashmina Bio ladakhi

Les ladakhis ont toujours été traditionnellement des bergers. Depuis  que la Chine a la main-mise sur le plateau tibétain, ils sont les principaux pourvoyeurs du pashmina, tandis que leurs voisins du Kashmir le transforment et le tissent. Les bergers nomades Chang-Pa en revanche, répugnent à travailler le difficile et délicat duvet de « pashm », privilégiant laine de mouton et laine de yak pour leur usage personnel.

chang pa nomade tissant la laine d'agneau

Mais les choses changent petit à petit. Depuis une dizaine d’année les ladakhis transforment et tissent le pashmina. Une démarche solidaire,  à leur image, pour un produit naturel et bio. Au Ladakh le pashmina est une affaire de femmes, qui leur apporte formation et revenu. Le filage se fait à la main, dans les maisons pendant la longue saison d’hiver et le tissage dans des unités de production spécialisées.

femme ladakhi tissant le pashmina

Nous avons choisi de travailler avec Sonam Chorol, qui a fondé l’unité de tissage « Superb Ladakh » en 2008. Un défi pour cette mère célibataire qui emploie maintenant 16 femmes et en a formé plus de 25.

sonam chorol a fondé superb ladakh en 2008

 

Le pashmina Bio ladakhi est entièrement naturel, filé et tissé à la main. Le fil est plus épais que dans le cas du pashmina kashmiri, et le produit tissé plus épais et plus « brut ». Il se décline en 3 teintes naturelles, qui correspondent aux couleurs naturelles du pelage de la chèvre : écru, beige et gris et compte tenu du processus entièrement naturel et exempt de produits chimiques, il n’est pas rare, par exemple, de trouver sur le châle des traces du marquage de la chèvre sous forme de couleurs résiduelles rose ou bleu…

Le Pashmina Bio ladakhi : très bientôt en vente sur le site…

les 3 couleurs naturel du duvet de pashmina

Carnet de voyage #4 LADAKH, le berceau du Pashmina…

Tout au nord de l’Inde, à la frontière avec la Chine, cet ancien royaume de culture bouddhiste tibétaine est le berceau du pashmina, le cachemire le plus fin et le plus ancien au monde…

Coupé du monde pendant de longs mois par les rigueurs du climat, le Ladakh a développé une culture fondée sur l’entraide et le respect de l’environnement, réussissant une quasi-autosuffisance : ils auraient beaucoup à nous apprendre ! L’âme du bouddhisme tibétain imprègne la région et est palpable partout : le dalaï-lama y séjourne d’ailleurs actuellement pour dispenser ses enseignements à la population.

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Cette terre est la patrie du pashmina,  puisque les chèvres changra y sont élevées pour leur duvet depuis des siècles par les nomades. Contrairement à la Chine où l’exploitation intensive des fermes cachemire, accentue irrémédiablement la désertification de la région, produisant une catastrophe écologique sans précédent, l’élevage des chèvres au Ladakh se fait de façon traditionnelle et dans le respect de l’environnement : en réalité cette production complètement artisanale représente moins de 1% de la production mondiale !

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Le Ladakh est une destination prisée des touristes occidentaux, tant pour la magnificence de ses paysages d’altitude que par l’extrême bienveillance de l’accueil de sa population. Rien ne ressemble au Ladakh ❤️

Difficile dans ces conditions,  de résister à l’appel de la montagne et de ne pas partir trekker sur le toit du monde… Mais ce ne sont pas des vacances, je vous réserve une petite surprise… 😉

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Carnet de voyage #3 SRINAGAR : J’ai inventé le métier de mes rêves, acheteuse de pashminas brodés…

Il n’est rien de plus apaisant, que de regarder, confortablement installé sur le ponton de son houseboat, les shikaras glisser paisiblement sur le Dal lake…

Mais l’heure n’est pas à la contemplation, le programme à Srinagar est chargé…

 
ÉTAPE 1 = LE TISSERAND

Tout d’abord je dois voir Feroz, notre tisserand, pour lancer la production de nouveaux modèles rayés. Tout est soigneusement examiné. Quelle couleur monter sur le métier, quelle largeur, quel motif…

Les centimètres sont convertis en pouces et les couleurs en numéros selon la charte normalisée puis tout est soigneusement consigné en kashmiri sur le petit cahier de commandes. Rendez-vous dans 2 mois pour voir le résultat…
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ÉTAPE 2 = LA CHASSE AUX PASHMINAS BRODÉS PIÈCE UNIQUE

Ensuite vient mon moment préféré, la sélection des pashminas brodés, les nouveaux trésors qui viendront enrichir la collection de Princesse Moghole. Certains nécessitent plusieurs mois voire deux années de travail…

Les merveilles se succèdent sous mes yeux et je suis malheureusement obligée d’écarter ceux qui me paraissent trop chers. Je ne négocie jamais les prix, les artisans fixent eux-même le leur en fonction du travail réalisé, ce que je respecte complètement. Je fonctionne au coup de coeur, en me demandant qui sera l’heureuse destinataire de tant de travail et de savoir-faire. Mes yeux retombent sur une pièce que j’avais déjà remarquée l’année précédente, un châle bleu vert turquoise brodé d’une fine bordure or, un travail d’une finesse exceptionnelle. En entendant son prix je suis tentée de l’écarter une fois de plus, mais lorsque j’apprends l’histoire de ce châle je décide de la prendre quand même. Il ne mérite pas de rester dans la pile des rejetés. Il faut savoir que certains pashminas brodés resteront en stock des années, jusqu’à trouver leur propriétaire. Pas de soldes sur les pashminas brodés, la patience appelle la patience. Ce sont des trésors qui se méritent et le fruit de tant d’heures de travail ne sera jamais bradé par les kashmiri, mais précieusement gardé comme un capital. Une fois vendu il sera transmis de génération en génération.
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ÉTAPE 3 = LE MAITRE BRODEUR

J’avais rencontré Bachir il y a deux mois lorsque je cherchais un maitre brodeur pour lancer nos modèles exclusifs. Il fait partie des grands brodeurs, capables de tout broder même les pashminas les plus fins. Il termine d’ailleurs actuellement une « masterpiece » qui lui a demandé 2 ans de travail et est déjà vendue : sur le marché européen elle se négocierait dans les 7000€ ! J’avais d’ailleurs eu la surprise de découvrir qu’il était l’auteur de certaines pièces que j’avais acquises…

Pour le moment les modèles sont assez sobres : 3 designs, déclinés chacun sur 5 ou 6 pashminas de coloris différents. Le motif est tout d’abord block-printé sur le pashmina puis vient le moment du choix de la couleur des fils qui seront brodés : chacun donne son avis ! La commande est posée en haut de la pile. Il n’y a plus qu’à attendre le résultat… d’ici 2 ou 3 mois !
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En attendant, les nouveaux pashminas brodés pièce unique devraient être disponibles sur le site vers la mi-août. Si vous souhaitez être prévenus dès la mise en ligne, n’hésitez pas à nous contacter

Carnet de voyage #2 DELHI : On inspecte et on se prépare

Juillet n’est pas la meilleure période pour se rendre à Delhi. Les pluies ont commencé et la chaleur humide est étouffante : mais j’aurai de la chance, pas une seule goutte en 2 jours et demi.

C’est le temps de l’inspection : les modèles donnés à broder il y a 2 mois sont parfaits et la nouvelle qualité de réversibles double face très réussie. Elle se décline en 5 coloris : gris ardoise/gris perle, rouge/noir, beige/écru, bleu marine/noir, bleu vif/bleu marine. Maintenant il va falloir monter un prototype, le concept est tout nouveau.

Je rencontre un réparateur de pashminas vintages, il a une boutique dans Hauz Khas village. Il reprise les pashminas anciens pour les revendre et possède des pièces âgées de 150 ans en parfait état de conservation. Il récupère aussi des bordures brodées pour les insérer sur de nouveaux pashminas, sur commande. Il est passionné mais refuse que je fasse un article sur lui : il n’a pas confiance en internet…

Je récupère aussi la série d’étoles pashminas qui ont été teintes pour la prochaine collection de modèles brodés et m’envole pour Srinagar où les choses sérieuses commencent…

pashmina broderie main

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Carnet de voyage #1 PARIS-DELHI : voyager avec style, les essentiels….

De Paris à Delhi, les essentiels du voyage par une globe-trotteuse totalisant 54 pays au compteur !

pashmina cachemire rose

  • Veste F2 de l’armée française achetée en surplus : indémodable et parfaite en voyage
  • Véritable pashmina réversible rose, l’indispensable dans toutes les circonstances et surtout pour contrer la clim de l’avion !
  • Poncho en cachemire gris ardoise, le plaid le plus douillet et le plus chic jamais inventé
  • Masque de sommeil en soie naturelle, parfaitement occlusif et tellement plus confortable, Novago (Le choix de la pharmacienne 😉)
  • Bouchons d’oreilles : les meilleurs, les Howard Leight Max Lite (Le choix de la pharmacienne 😉)
  • Eau distillée de rose pour rafraichir et réhydrater la peau , Kashmir Essence achetée à Srinagar (Le choix de la pharmacienne 😉)
  • Crème de 8h Elizabeth Arden pour les lèvres (Le choix de la pharmacienne 😉)
  • Un bon livre, Shibumi de Trevanian, encore mieux si c’est un pavé et un best-seller
  • L’iphone, pour garder le contact et partager
  • LE carnet (secret)
  • Quelques amandes pour les petits creux, histoire de ne pas se jeter sur les bretzels dans l’avion…

 

La broderie : Du point de croix aux Pashminas…

J’avais déjà brodé. Vers 10 ans ma grand-mère m’avait appris le point de croix et pendant les révisions de mes études de pharmacie, je m’absorbais en abécédaires, canevas et autres nappes…

Lorsqu’en Inde j’avais découvert les pashminas brodés, j’étais restée stupéfaite d’émerveillement devant tant de beauté, de finesse et de maîtrise. Nul doute que ma (mini) expérience de brodeuse avait joué un grand rôle dans cette fascination.
Il n’y a pas de hasard dans la vie, juste des rendez-vous, et à l’heure où Princesse Moghole s’apprête à lancer sa première collection capsule de modèles brodés exclusifs il m’apparait nécessaire de me former en techniques de broderie…

 

Comment passe t’on des ouvrages de dame à la broderie d’art haute couture ? Du point de croix aux pashminas…
Je cherche donc un professeur de broderie pour une première approche.

 

Pascal Jaouen est un brodeur styliste de culture bretonne.

 

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Fasciné depuis l’enfance par les coiffes et costumes brodés traditionnels bretons, il s’investit passionnément dans la préservation de ce patrimoine en collectant techniques  et motifs traditionnels absents des ouvrages car transmis oralement. Iconoclaste et facétieux, il crée en 1994 l’école de broderie de Quimper, confectionne les tenues de scène d’artistes telles que Nolwen Leroy et dessine des collections qui tendent à transposer les éléments du patrimoine vestimentaire traditionnel dans un stylisme contemporain. C’est aussi un enseignant passionné et passionnant qui donne des cours dans toute la France.

 

Ce parcours m’intéresse, les cours sont prisés et réputés pour leur bonne ambiance due au charisme du professeur, je m’inscris donc en débutant 😊
Les 6 heures passent très vite et je m’absorbe dans l’apprentissage du point de tige, passé plat et passé plat empiétant : les bases des ouvrages de nos grands-mères…

 

cours broderie pascal jaouen

J’avais apporté un pashmina brodé pour expliquer ma démarche au maître. Là, surprise ! L’une des élèves en avait justement un dans son sac ! Qu’elle avait acheté lors d’un voyage à Istanbul … Pas de hasard, disions-nous ? 😉
Pascal Jaouen examine la pièce que j’avais apportée d’un oeil de connaisseur puis me pose deux questions : « Combien je les vends ? » et « Est-ce que je les vends ? »
Qui mieux que lui pour apprécier la somme de travail et de technique nécessaires à de telles réalisations…
Haute-couture. Le mot est lâché…

 

En savoir plus sur Pascal Jaouen ?