Archives de catégorie : Des Histoires

Il était une fois le pashmina : voici l'histoire du cachemire

Carnet de voyage #1 PARIS-DELHI : voyager avec style, les essentiels….

De Paris à Delhi, les essentiels du voyage par une globe-trotteuse totalisant 54 pays au compteur !

pashmina cachemire rose

  • Veste F2 de l’armée française achetée en surplus : indémodable et parfaite en voyage
  • Véritable pashmina réversible rose, l’indispensable dans toutes les circonstances et surtout pour contrer la clim de l’avion !
  • Poncho en cachemire gris ardoise, le plaid le plus douillet et le plus chic jamais inventé
  • Masque de sommeil en soie naturelle, parfaitement occlusif et tellement plus confortable, Novago (Le choix de la pharmacienne 😉)
  • Bouchons d’oreilles : les meilleurs, les Howard Leight Max Lite (Le choix de la pharmacienne 😉)
  • Eau distillée de rose pour rafraichir et réhydrater la peau , Kashmir Essence achetée à Srinagar (Le choix de la pharmacienne 😉)
  • Crème de 8h Elizabeth Arden pour les lèvres (Le choix de la pharmacienne 😉)
  • Un bon livre, Shibumi de Trevanian, encore mieux si c’est un pavé et un best-seller
  • L’iphone, pour garder le contact et partager
  • LE carnet (secret)
  • Quelques amandes pour les petits creux, histoire de ne pas se jeter sur les bretzels dans l’avion…

 

La broderie : Du point de croix aux Pashminas…

J’avais déjà brodé. Vers 10 ans ma grand-mère m’avait appris le point de croix et pendant les révisions de mes études de pharmacie, je m’absorbais en abécédaires, canevas et autres nappes…

Lorsqu’en Inde j’avais découvert les pashminas brodés, j’étais restée stupéfaite d’émerveillement devant tant de beauté, de finesse et de maîtrise. Nul doute que ma (mini) expérience de brodeuse avait joué un grand rôle dans cette fascination.
Il n’y a pas de hasard dans la vie, juste des rendez-vous, et à l’heure où Princesse Moghole s’apprête à lancer sa première collection capsule de modèles brodés exclusifs il m’apparait nécessaire de me former en techniques de broderie…

 

Comment passe t’on des ouvrages de dame à la broderie d’art haute couture ? Du point de croix aux pashminas…
Je cherche donc un professeur de broderie pour une première approche.

 

Pascal Jaouen est un brodeur styliste de culture bretonne.

 

quimper.dernier-defile-gwen-ha-du-de-pascal-jaouen

Fasciné depuis l’enfance par les coiffes et costumes brodés traditionnels bretons, il s’investit passionnément dans la préservation de ce patrimoine en collectant techniques  et motifs traditionnels absents des ouvrages car transmis oralement. Iconoclaste et facétieux, il crée en 1994 l’école de broderie de Quimper, confectionne les tenues de scène d’artistes telles que Nolwen Leroy et dessine des collections qui tendent à transposer les éléments du patrimoine vestimentaire traditionnel dans un stylisme contemporain. C’est aussi un enseignant passionné et passionnant qui donne des cours dans toute la France.

 

Ce parcours m’intéresse, les cours sont prisés et réputés pour leur bonne ambiance due au charisme du professeur, je m’inscris donc en débutant 😊
Les 6 heures passent très vite et je m’absorbe dans l’apprentissage du point de tige, passé plat et passé plat empiétant : les bases des ouvrages de nos grands-mères…

 

cours broderie pascal jaouen

J’avais apporté un pashmina brodé pour expliquer ma démarche au maître. Là, surprise ! L’une des élèves en avait justement un dans son sac ! Qu’elle avait acheté lors d’un voyage à Istanbul … Pas de hasard, disions-nous ? 😉
Pascal Jaouen examine la pièce que j’avais apportée d’un oeil de connaisseur puis me pose deux questions : “Combien je les vends ?” et “Est-ce que je les vends ?”
Qui mieux que lui pour apprécier la somme de travail et de technique nécessaires à de telles réalisations…
Haute-couture. Le mot est lâché…

 

En savoir plus sur Pascal Jaouen ?

Naissance d’un pashmina : la broderie

C’est la dernière étape qui transforme un pashmina en oeuvre d’art…

Une fois le motif imprimé au block print, le désigner choisit les couleurs des fils à broder, de coton, ou de soie pour les pièces les plus luxueuses, puis confie le pashmina au brodeur. Celui-ci réalisera la broderie à domicile, à raison de plusieurs heures de travail par jour. Selon la surface à broder et la complexité du motif, la broderie d’un pashmina peut nécessiter 2 semaines à plusieurs mois de travail. Certaines broderies sont totalement réversibles, au point que l’endroit et l’envers deviennent quasi indiscernables. La région du Cachemire est le seul endroit au monde à maîtriser un tel niveau d’excellence : plus qu’un artisanat c’est un véritable Art, hérité de la culture moghole. Chaque pashmina brodé est unique.

>> Je découvre la collection de pashminas brodés 

Naissance d’un pashmina : l’impression du motif à broder

Pour être brodé, le motif doit tout d’abord être imprimé sur le pashmina. Comme les autres cette étape est réalisée à la main. L’artisan va utiliser la technique du block-print : le motif est sculpté dans un tampon en bois, qui est enduit de peinture (une poudre mélangée à de l’eau). Celui-ci est ensuite apposé à main levée d’un geste très sûr sur l’étoffe de pashmina jusqu’à la recouvrir entièrement. Une fois le motif brodé le châle sera lavé, enlevant toute trace du motif imprimé.

Naissance d’un pashmina : la teinture

La naissance d’un pashmina, épisode 3 : la teinture

La couleur désirée est obtenue en dosant les poudres colorées grâce à une pesée minutieuse, puis celles-ci sont dissoutes dans de l’eau. Le mélange est ensuite versé dans un chaudron d’eau bouillante où on introduit le pashmina écru naturel qui est porté à ébullition une dizaine de minutes afin d’obtenir une couleur uniforme. Une fois teint le pashmina est séché sur un fil.

Naissance d’un pashmina : le tissage du pashmina

Une fois le métier monté, le tissage peut commencer. Le tisserand entrecroise les fils de chaine et de trame selon le motif à réaliser. Les pashminas sont généralement tissés selon 2 motifs principaux : le bulbul ou oeil d’oiseau aussi appelé tissage diamant, et le twill qui offre un rendu oblique. Il faudra 2 jours au maître tisserand pour produire une étole de 70cm sur 2m. Tissée en continu, l’étoffe sera ensuite coupée tous les 2m.

Naissance d’un pashmina : Le filage du duvet

La naissance d’un pashmina, épisode 1 : le filage du duvet.

Le duvet de cachemire issu de la toison d’hiver des chèvres pashminas du Ladakh dans l’Himalaya, est filé à l’aide d’un rouet traditionnel en bois. Ce travail est effectué à la maison par les femmes et nécessite environ 10h de travail pour filer 100g de duvet. Le fil ainsi obtenu est ensuite doublé et assemblé en écheveaux,  puis solidifié à l’aide d’une solution d’eau de riz pour supporter la tension du métier à tisser.

Tsering, bergère au Ladakh

Pendant un an Tsering a été filmée par son frère. Par -30°C elle mène paître le troupeau familial de chèvres pashminas et de moutons sur les hauts plateaux de l’Himalaya jusqu’à 5600m d’altitude. La traditionnelle vie rude et solitaire des bergers nomades du Ladakh  pour obtenir le précieux pashmina qui assurera la subsistance de la famille.

Sur ARTE, dimanche 10 juillet à 20h

 

Sinon le documentaire est visible dans son intégralité en streaming : Tsering, bergère au Ladakh

Une commande spéciale ! Le Toosh Pashmina rebrodé en soie

Une commande spéciale pour une cliente collectionneuse amatrice de vert : le Toosh Pashmina ultra-fin brodé réversible…

Les fibres les plus fines ont été sélectionnées et filées à la main avant de tisser le pashmina à la manière du shahtoosh, en couleur naturelle. Il faut un mois pour monter le métier à tisser avec des fils aussi fragiles et délicats, puis 10 jours pour tisser un châle. La broderie est ensuite confiée à un maître brodeur spécialisé dans la broderie sur shahtoosh, seul capable de travailler une étoffe aussi fine. Il réalise en fils de soie une broderie totalement réversible, parfaite à l’endroit comme à l ‘envers… Une pure merveille de délicatesse raffinée !

IMG_5924